Extrait du livre_Quand l’homo economicus saute à l’élastique…sans élastique

 

Introduction

L’homo economicus, ce personnage utilisé par l’économie pour nous représenter dans nos comportements, nos choix, ce personnage qui influence les décisions politiques, cet être rationnel, froid, calculateur, égoïste, cupide que nous avons fini par devenir, prend conscience que la planète sur laquelle il vit est en danger et que les choses doivent impérativement changer…

Alors il prépare le grand saut, celui sans filet, celui qu’il ne doit pas rater, celui de sa vie …car elle en dépend.

L’humanité ne s’est jamais aussi bien portée. Notre monde n’a jamais été aussi riche, aussi productif, aussi pacifique et en même temps, aussi fragile et menacé[1]… L’humanité est en danger… Et c’est de notre survie dont il est question… Un cri d’alarme de grande ampleur a été lancé le 13 novembre 2017 dans la revue scientifique BioScience par plus de 15.000 scientifiques de 184 pays[2]  pour avertir l’humanité de la dégradation catastrophique de l’environnement causée par l’activité humaine elle-même. Le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, l’extinction d’espèces animales … Nous sommes en train de piller, de souiller la nature sans laquelle nous ne pouvons vivre et de laquelle nous dépendons totalement, que ce soit de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons, des aliments que nous mangeons ou des matériaux que nous utilisons.  C’est la première fois dans l’histoire, que l’homme est à l’origine d’une modification de son environnement, d’une modification du fonctionnement de la planète… Notre planète est entrée dans une nouvelle période que l’on appelle, en géologie[3], l’anthropocène. Une ère dans laquelle ce ne sont plus les forces naturelles qui sont sources de transformations de la planète mais l’homme… Et le constat est sans équivoque, dans les différentes études réalisées sur le sujet, l’activité humaine, notre modèle économique dominant contribue largement à cette situation. Encourageant toujours plus de croissance, une production à outrance, la surconsommation, une vision à court terme… Et le problème est que le reste du monde s’aligne sur ce modèle occidental, alors qu’il devient urgent d’en changer, indispensable… Certes, il a permis des avancés absolument incroyables, nous vivons plus longtemps, en meilleure santé, dans un monde globalement libre ou les machines nous libèrent doucement des tâches les plus pénibles, mais ce monde n’est plus soutenable, il a atteint ses limites, il est désormais temps de le dépasser.

 

Changer…mais changer quoi ? Comment ? Pour quoi ?

Et quel est précisément ce modèle économique dont nous parlons ? Suffit-il de modifier quelques-uns de ces principes de base ? Mais quels sont-ils ? Ne suffit-il pas de changer totalement de modèle ? Mais pour quel autre ? Existe-t-il d’autres alternatives ?

En économie il y a bien quelques nouvelles voies de recherche[4] , des formes nuancées du modèle existant, on défend également d’autres modèles alternatifs comme l’économie sociale et solidaire, l’économie circulaire, l’économie collaborative. Politiquement, quelques règlementations sont mises en place pour éviter les méfaits du capitalisme. Mais pas de profonds changements. Pourtant c’est de notre survie dont il est question et nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer à un autre monde, basé sur des valeurs plus humaines, respectueuses du vivant. Nous serions environ 35% de créatifs culturels en Europe de l’Ouest, aux Etats-Unis et au Japon[5] à vouloir une autre manière de vivre. Les enjeux sont tels que nous ne pouvons plus nous contenter de présenter simplement un nouveau modèle, c’est de vision du monde qu’il faut changer, de dimension, de matrice, de manière d’appréhender les choses pour entrevoir de nouvelles pistes de solutions disruptives. C’est ce que propose cet ouvrage. Au-delà de suggérer un nouveau modèle économique, il propose un nouveau paradigme économique, de réinventer l’économie afin de construire les fondements d’une société plus sage.

Pour cela il faut adopter une approche globale, une méthode transdisciplinaire permettant de prendre le recul nécessaire. Ensuite il faut s’interroger sur les raisons profondes du développement de notre système économique car en connaître son origine nous permettra de mieux entrevoir des axes d’évolution. Ce positionnement nous permet de comprendre d’une part, que le système économique dans lequel nous vivons actuellement dépend finalement non seulement d’une discipline qui l’a fortement encouragé, l’économie, alors que celle-ci en tant que science se doit d’être neutre, mais également d’une vision du monde dans laquelle nous baignons, la Modernité. En effet, on s’aperçoit que l’économie d’aujourd’hui est prisonnière d’une vision particulière du monde, une vision rationnelle, mécaniste, et qu’elle est fermée dans une idéologie libérale sous-tendant notre système actuel. Elle doit donc être réinventer, repensée. D’autre part, nous comprenons qu’un nouveau contexte, un nouveau cadre d’analyse est également en train de se dessiner sous nos yeux. Les différentes révolutions technologiques, scientifiques et sociétales qui émergent dessinent les contours d’une nouvelle société, une nouvelle perception du monde apparait, plus systémique offrant de nouvelles bases de réflexion pour redéfinir l’économie du 21e siècle.

Ce livre part donc du postulat que, face au danger de survie de l’humanité, modifier notre économie est une obligation car elle a largement sa part de responsabilité dans les crises actuelles. Des crises qui sont le symbole d’un malaise, d’un monde malade auquel les solutions que l’on s’efforce d’apporter ne conviennent pas car nous n’élargissons pas notre regard, nous ne sortons pas du cadre dominantDonc au-delà du système qu’il faut changer, nous verrons que c’est la discipline même qu’il faut repenser. Car le changement doit être profond, « disruptif » … Et pour la repenser en profondeur, il nous faut revenir à des questions simples, essentielles. Qu’est-ce que l’économie finalement ? A quoi sert-elle ? Doit-elle se contenter d’observer, constater, comme une « vraie » science le fait ? Produire toujours plus, pourquoi ? Créer de la richesse mais pour qui ? Et quelle richesse ? Matérielle uniquement ? Nous ne pouvons plus cautionner une organisation qui finit par être néfaste à l’humanité. L’économie ne doit -elle pas être au service de l’homme ? Ne souhaitons-nous pas inventer une autre manière de fonctionner, un autre modèle d’organisation plus porteur de sens ? Pouvons-nous le faire ?

Ce n’est, en effet, qu’en prenant du recul et en adoptant une approche globale, transversale, transdisciplinaire, multidimensionnelle que nous voyons les choses apparaître autrement, que nous constatons que les changements technologiques, scientifiques et sociétaux que nous vivons font à la fois émerger un nouveau modèle économique mais nous font également adopter une nouvelle vision du monde et un nouveau cadre d’analyse, nous permettant de repenser l’économie… l’espoir est donc là. Il faut accompagner ce changement, et structurer cette nouvelle économie pour lui donner vie.

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L’intérêt de la première partie est de comprendre l’économie d’aujourd’hui. De comprendre qu’elle est finalement prisonnière d’une vision du monde héritée du 17e siècle et dominée par une idéologie qui l’empêche de s’ouvrir vers de nouvelles voies, encourageant le déploiement du système capitaliste actuel. Il s’agit également de présenter le capitalisme, ses bienfaits et ses effets dévastateurs. En connaissant davantage l’économie actuelle, son modèle et ce qui le sous-tend, cette partie permet de mieux appréhender les changements en cours, mettant ainsi en perspective les évolutions. Elle pose le cadre.

La seconde partie totalement innovante, présente l’économie de demain. Nous abordons les mutations que vit notre société, et qui offrent un nouveau terrain d’analyse, une nouvelle vision du monde, permettant de réinventer l’économie ainsi que le système économique. La révolution fulgurante du web, les découvertes de la physique quantique, de nouvelles valeurs de partage, de bien-être, de qualité de vie et de quête de sens laissent entrevoir une nouvelle vision du monde plus systémique, interdépendante et coopérative qui engendre les bases d’un nouveau modèle économique avec des organisations plus horizontales, la valorisation du capital humain, une croissance plus qualitative, une production davantage immatérielle. Après une économie matérielle, scientifique, quantitative finalement jeune s’ouvrent les prémices d’une économie plus immatérielle, plus humaine, qualitative, plus mature… l’économie transmoderne.

La troisième partie permet, après avoir proposé une nouvelle définition de l’économie, de nous ouvrir vers la nouvelle société qui pourrait en découler. Une société plus sage remettant aux centres de ses préoccupations l’homme et la nature, une société dans laquelle nous aurions envie de vivre. Cette partie est complétée par des actions concrètes permettant à chacun de s’engager dans la co-création de ce nouvelle ère en devenir.

L’approche adoptée, plutôt globale et transversale, n’est ici pas technique, elle se veut avant tout pédagogique et accessible.

Ce livre pose un cadre concret nous permettant d’espérer un avenir meilleur. 

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[1] Testot Laurent, « Vers un nouveau monde », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines n°33, Déc 2013, janv-fév 2014.

[2] https://academic.oup.com/bioscience/article/67/12/1026/4605229.

[3] Etude de la Terre. Science qui traite de la composition, de la structure, de l’histoire et de l’évolution des couches externes de la Terre, et des processus qui la façonnent.

[4] Les nouvelles théories de la croissance, la nouvelle microéconomie.

[5] Nouveau groupe socio-culturel mis en avant par une étude réalisée par le sociologue Paul Ray et la psychologue Sherry Anderson dans L’émergence des créatifs culturels, Yves Michel, (traduit de l’anglais The Cultural creatives : How 50 Million People are changing the World, Harmony Books, 2000). Il s’agit d’individus ayant changé leur vision du monde, défendant de nouvelles valeurs de vie.

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